« Maintenant ou jamais » : des étudiants bravent le confinement à Delhi pour manifester devant le Parlement indien

Des milliers d'étudiants, réunis sous la bannière du Parti Janta des Cafards, ont défilé devant le Parlement indien à New Delhi, exigeant une réforme de l'éducation et la démission du ministre de l'Éducation dans un contexte de scandale massif de fuites d'examens.

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Staff Writer
Publié le 20/07/2026 22:01
« Maintenant ou jamais » : des étudiants bravent le confinement à Delhi pour manifester devant le Parlement indien

Un mouvement né de la crise

Dans une démonstration spectaculaire de défiance, des milliers d'étudiants ont convergé vers New Delhi cette semaine, bravant les mesures de confinement et les barrages de sécurité imposés par le gouvernement pour marcher vers le Parlement indien. Cette manifestation, menée par le mouvement de jeunesse en pleine expansion connu sous le nom de Parti Janta des Cafards (CJP), est l'expression de la frustration engendrée par une série de scandales retentissants liés aux examens et au chômage chronique des jeunes.

Le catalyseur: un système éducatif en ruine

Le mécontentement trouve son origine dans le Test national d'admissibilité et d'entrée (NEET), une étape cruciale pour accéder aux études de médecine en Inde. Des allégations de fuites de sujets et de corruption systémique ont contraint des millions d'étudiants à repasser l'examen, alimentant un sentiment de trahison au sein de la jeunesse indienne. Le mouvement a pris une tournure dramatique: des militants rapportent qu’au moins douze étudiants se sont suicidés, apparemment désespérés par la dégradation de l’intégrité des examens.

L’essor du CJP

Ce qui a commencé comme un compte satirique sur les réseaux sociaux – se moquant de la comparaison désobligeante faite par un juge entre les chômeurs et les «cafards» – est devenu une force politique redoutable. Sous la direction d’Abhijeet Dipke, militant de 30ans, le CJP a réussi à mobiliser des millions de personnes sur les plateformes numériques, passant de l’activisme en ligne à la confrontation directe et physique avec l’État.

Répression gouvernementale et troubles civils

Alors que les manifestants se rassemblaient à Jantar Mantar, les autorités de New Delhi ont réagi par des mesures de sécurité brutales, notamment la fermeture des stations de métro et le déploiement de la police anti-émeute. Malgré l’utilisation de gaz lacrymogènes et de matraques, les manifestants restent déterminés. « C’est maintenant ou jamais », a déclaré Anjani Kumani, une manifestante de 20 ans, reprenant les propos de milliers de personnes qui exigent la démission immédiate du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan. Un changement politique plus profond : les analystes politiques estiment que ce soulèvement dépasse la simple protestation contre les fuites d’examens ; il reflète des inquiétudes socio-économiques profondes, notamment la hausse de l’inflation et le rétrécissement du marché du travail. Bien que le gouvernement ait entamé des discussions préliminaires, le caractère spontané et sans leader du mouvement représente un défi inédit pour l’administration. Comme le soulignent les experts, ce passage du silence à la résistance active marque un tournant potentiel dans la politique étudiante indienne, obligeant le gouvernement à concilier son discours économique avec les dures réalités auxquelles sont confrontés ses plus jeunes citoyens.

Source: www.aljazeera.com

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