Une aube nouvelle pour Damas : le Parlement de transition syrien se réunit après la chute d'Al-Assad

Le parlement de transition syrien se réunit pour la première fois à Damas. Le président Ahmed al-Charia appelle à l'unité nationale et à des réformes économiques après la chute de Bachar al-Assad.

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Staff Writer
Publié le 12/07/2026 19:45
Une aube nouvelle pour Damas : le Parlement de transition syrien se réunit après la chute d'Al-Assad

Première session historique de l'Assemblée du peuple

Dans un moment historique pour une nation marquée par des décennies d'autoritarisme et de guerre, le nouveau parlement de transition syrien s'est réuni ce dimanche à Damas pour sa session inaugurale. Cette assemblée marque une étape cruciale dans l'évolution politique du pays, plus de 18 mois après le renversement du président Bachar el-Assad, au pouvoir depuis de nombreuses années.

Le président Ahmed al-Charia, ancien chef rebelle et fer de lance du mouvement ayant mené au renversement du régime d'al-Assad, s'est adressé à l'assemblée, appelant à l'unité et au devoir civique. Au cours de la session, les parlementaires ont prêté serment constitutionnel, symbolisant ainsi la mise en place d'une nouvelle structure de gouvernement. Al-Sharaa a exhorté les représentants à privilégier « l'intérêt national avant tout », appelant l'assemblée à devenir un modèle de responsabilité, de compétence et d'État de droit.

Le mandat pour un avenir démocratique

L'objectif principal de l'Assemblée du peuple est de démanteler les vestiges d'un système politique oppressif et de jeter les bases d'une démocratie durable. Au cœur de cette mission se trouve l'élaboration d'une nouvelle constitution nationale, qui vise à protéger les droits humains et à établir une répartition équilibrée du pouvoir.

Pendant plus de 14 ans, la Syrie a été plongée dans une guerre civile brutale qui a fait plus d'un demi-million de morts et des millions de déplacés. L'emprise du pouvoir par la famille al-Assad, qui a duré des décennies, a laissé l'État fracturé. Le nouveau parlement a pour mission de panser ces divisions sectaires et politiques par le biais d'une culture du dialogue et du respect des institutions. Au-delà de la restructuration politique, le président al-Sharaa a souligné l'impérieuse nécessité d'une relance économique. La Syrie est actuellement confrontée à une situation économique catastrophique, aggravée par des années d'isolement international et la destruction de ses infrastructures. Al-Sharaa a défini trois axes prioritaires pour le Parlement:

  • Relance économique: Mise en œuvre de politiques visant à stabiliser la monnaie et à relancer les industries locales.
  • Restauration des services publics: Renforcement des services essentiels tels que la santé, l’éducation et l’électricité afin de répondre aux besoins d’une population éprouvée.
  • Investissements internationaux: Mobilisation active de capitaux internationaux pour reconstruire les villes dévastées et moderniser l’économie.

«La Syrie écrit une histoire glorieuse qui témoigne de son héroïsme», a déclaré al-Sharaa, soulignant que les dirigeants actuels sont confrontés à la double responsabilité de reconstruire les infrastructures du pays et de restaurer la dignité de chaque citoyen.

Composition et controverses de la nouvelle Chambre

Le Parlement de transition compte 210 sièges. Le processus de sélection reflète les complexités logistiques d’un État post-conflit. Les deux tiers des parlementaires ont été élus l'an dernier par des collèges électoraux régionaux. Cependant, les 70 membres restants ont été nommés directement par le président al-Charia au début du mois. Le gouvernement a justifié sa décision d'éviter des élections nationales immédiates par des « difficultés logistiques complexes ». Les autorités ont souligné l'inexactitude des chiffres de population et l'instabilité persistante dans certaines régions comme principaux obstacles à un scrutin pleinement démocratique à ce stade. La communauté internationale a accueilli la convocation du Parlement avec un optimisme prudent. Claudio Cordone, envoyé spécial adjoint des Nations Unies pour la Syrie, a qualifié la première session d'« étape clé de la transition politique du pays ». M. Cordone a affirmé que l'ONU et les autres instances internationales étaient prêtes à soutenir les efforts de l'assemblée pour stabiliser la région. Malgré l'espoir suscité par ce nouveau Parlement, le chemin du redressement reste semé d'embûches. Les récentes atteintes à la sécurité, notamment les attentats à Damas, rappellent la fragilité de la transition vers la paix. Néanmoins, la mise en place de l'Assemblée du peuple représente une rupture définitive avec le passé et un premier pas, certes timide, vers une Syrie souveraine et démocratique.

Source: www.aljazeera.com

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