Un juge fédéral annule l'accord conclu par Trump avec le fisc américain, invoquant des « conflits d'intérêts » et un abus de procédure.

Un juge fédéral américain a annulé l'accord conclu par Donald Trump avec le fisc américain (IRS), invoquant des conflits d'intérêts et un détournement du système judiciaire pour créer un fonds « anti-armement ».

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Staff Writer
Publié le 13/07/2026 19:46
Un juge fédéral annule l'accord conclu par Trump avec le fisc américain, invoquant des « conflits d'intérêts » et un abus de procédure.

Réprimande judiciaire d'un accord présidentiel

Dans un revers juridique majeur pour l'administration, la juge de district américaine Kathleen Williams a annulé un accord à l'amiable conclu entre le président Donald Trump et le ministère de la Justice. La décision, rendue lundi, qualifie l'accord d'acte illégal de « conflit d'intérêts », suggérant que le système judiciaire a été manipulé pour garantir des avantages financiers et juridiques au président et à ses proches.

L'origine du litige: la plainte de 10 milliards de dollars

La controverse a débuté en janvier lorsque le président Trump a intenté une action en justice massive de 10 milliards de dollars contre le Service des impôts (IRS). Il lui reprochait de ne pas avoir empêché la fuite non autorisée de ses déclarations de revenus durant son premier mandat. Cependant, au lieu d'un procès classique, le ministère de la Justice – l'organe même chargé de représenter les intérêts du gouvernement – a conclu un accord global avec le président.

Le Fonds «Anti-armement» et l'immunité fiscale

L'élément central de l'accord annulé était l'allocation de 1,8 milliard de dollars à un fonds nouvellement créé. Ce «Fonds Anti-armement» était destiné à indemniser les personnes physiques et morales que l'administration prétendait victimes d'«armement» et de «guerre juridique» de la part du gouvernement. Outre cette allocation financière, l'accord accordait au président Trump d'importantes protections fiscales, le mettant ainsi à l'abri de certaines obligations fiscales.

Conclusion du juge Williams: Absence de conflit d'intérêts

La décision du juge Williams repose sur l'exigence juridique fondamentale selon laquelle les parties à un procès civil doivent avoir des intérêts véritablement opposés l'une à l'autre. Dans ce cas précis, elle a constaté que Trump et le ministère de la Justice n'étaient pas des forces opposées, mais qu'ils collaboraient au contraire pour parvenir à un résultat prédéterminé. « La nature même de la plainte et la conduite des parties et de leurs avocats dès son dépôt démontrent clairement qu'il s'agissait d'une tentative d'instrumentaliser le tribunal pour légitimer un accord conférant l'immunité à des personnes et entités liées au président », a écrit Williams. Elle a par ailleurs souligné que l'affectation de milliards de dollars de l'argent du contribuable à la réparation de griefs non définis par la loi constituait une violation de la mission judiciaire. Conséquences politiques et éthiques : Cette décision intervient à un moment délicat pour l'administration. Alors que le « Fonds anti-armement » avait déjà été abandonné suite à une levée de boucliers bipartisane, tant chez les républicains que chez les démocrates, la décision de la juge ajoute une dimension de faute professionnelle à la controverse politique. Les conséquences devraient être particulièrement dommageables pour le procureur général par intérim, Todd Blanche. Le juge Williams a particulièrement insisté sur le rôle de Blanche, soulignant sa «capacité apparente à parler au nom des plaignants et des défendeurs» tout au long de la procédure. Cette révélation pourrait compromettre l'audition de confirmation de Blanche, prévue la semaine prochaine.

Saisines pour manquements à la déontologie

L'examen judiciaire ne se limite pas à la direction de l'administration. Le juge Williams a saisi les instances disciplinaires des barreaux d'État concernant Alejandro Brito, avocat de Trump, ainsi que de hauts responsables du ministère de la Justice ayant approuvé l'accord. Ces saisines visent à déterminer si ces responsables ont enfreint la déontologie professionnelle en facilitant un accord que le tribunal considère désormais comme un abus de procédure.

Source: www.aljazeera.com

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