Poursuite judiciaire RAMpocalypse : Samsung, SK Hynix et Micron accusés d’entente sur les prix via l’IA
Samsung, SK Hynix et Micron font face à une importante action collective les accusant d'entente sur les prix et d'avoir profité de l'essor de l'IA pour gonfler artificiellement les coûts de la RAM.

Accusations de manipulation de marché
Les plaignants affirment que les trois principaux fabricants de mémoire, qui contrôlent environ 90 % du marché mondial de la DRAM, ont agi de concert pour manipuler la disponibilité sur le marché sous couvert d'une pénurie d'infrastructures d'IA. La plainte suggère que les fabricants de mémoire ont stratégiquement réorienté environ 80 % de leur capacité de production vers la mémoire à large bande passante (HBM) afin de maximiser leurs profits, privant ainsi intentionnellement le marché de détail de ces composants pour faire grimper les prix de vente.
Historique des accusations d'entente illicite
Ce n'est pas la première fois que ces entreprises font face à de telles accusations. En 2005, après l'éclatement de la bulle Internet, Samsung et SK Hynix ont plaidé coupable d'une importante entente sur les prix, ce qui leur a valu des amendes de plus de 700 millions de dollars. La nouvelle plainte s'appuie sur ce contexte historique, arguant que ces entreprises ont un comportement anticoncurrentiel bien documenté. La défense de l'industrie : Samsung, SK Hynix et Micron affirment que leur réorientation de production est une réponse commerciale classique à la demande sans précédent des géants du cloud comme Amazon, Google et Microsoft. Avec d'importants agrandissements d'usines déjà en cours en Corée du Sud et aux États-Unis, les fabricants de mémoire soutiennent que la « pénurie » reflète un contexte en mutation où la demande des entreprises, à forte marge, prime sur les chaînes d'approvisionnement traditionnelles du commerce de détail. Les plaignants obtiendront-ils gain de cause ? Les experts juridiques soulignent que cette affaire s'annonce difficile. Prouver une collusion directe exige plus que de simples preuves circonstancielles: il faut une preuve irréfutable, comme des communications internes indiquant une action concertée pour réduire l'offre. Cependant, le moment choisi pour cette action en justice est significatif, car la frustration du public et des autorités de régulation face à la hausse des coûts technologiques ne cesse de croître. Si le cabinet Bathaee Dunne LLP, qui représente les plaignants, parvient à démontrer une privation intentionnelle de marché, cela pourrait devenir l'un des procès antitrust les plus importants de la décennie dans le secteur technologique.