L'Iran attise les tensions maritimes : des parlementaires radicaux proposent un contrôle souverain sur le détroit d'Ormuz

Les législateurs iraniens les plus radicaux proposent un nouveau projet de loi visant à officialiser leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, menaçant de bloquer les navires américains et israéliens dans un contexte d'escalade du conflit.

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Staff Writer
Publié le 14/07/2026 15:52
L'Iran attise les tensions maritimes : des parlementaires radicaux proposent un contrôle souverain sur le détroit d'Ormuz

Téhéran se tourne vers un contrôle maritime total

Dans une initiative provocatrice qui témoigne d'une rupture croissante avec l'Occident, les parlementaires iraniens ont présenté une proposition de loi ambitieuse visant à formaliser un contrôle absolu sur le détroit d'Ormuz. Ce projet de loi, intitulé «Action stratégique pour la sécurité et le développement durable du détroit d'Ormuz et du golfe Persique», intervient alors que le Parlement, dominé par la droite, reprend ses travaux après cinq mois d'intenses affrontements militaires avec les États-Unis et Israël.

Cette initiative législative reflète un sentiment croissant au sein de l'Assemblée iranienne en faveur de l'abandon des négociations diplomatiques et d'une souveraineté unilatérale. Lors d'une récente séance non annoncée, des députés ont été vus agitant des « drapeaux rouges de vengeance », symbolisant leur engagement à venger la mort de hauts responsables et du Guide suprême lors des premières vagues du conflit mené par les États-Unis qui a débuté le 28 février.

Une approche intransigeante du droit maritime

Bien que le texte final du projet de loi n'ait pas été rendu public, les versions précédentes suggèrent un changement radical dans la manière dont l'Iran entend gérer l'un des points de passage énergétiques les plus critiques au monde. Les mesures proposées comprennent:

  • Interdictions d'accès strictes: L'interdiction formelle pour les navires battant pavillon américain ou israélien d'entrer dans le détroit.
  • Désignation de zone hostile: Le pouvoir de bloquer l'accès aux navires des nations jugées hostiles à l'«axe de la résistance», selon la définition des forces armées iraniennes.
  • Autorisations obligatoires: L'obligation pour tous les navires d'obtenir des autorisations officielles, de déclarer l'intégralité de leur cargaison et de respecter scrupuleusement la dénomination de «golfe Persique».
  • Sanctions financières: Le pouvoir de confisquer jusqu'à 20% de la valeur de la cargaison des navires non conformes, les fonds étant affectés aux dépenses militaires et à la reconstruction des infrastructures nationales.

Ebrahim Azizi, chef de la commission de la sécurité nationale, a insisté sur la fermeté de cette position, affirmant que le projet de loi n'est que la «première étape» d'une série de mesures plus vastes à venir pour défendre les «lignes rouges» de l'Iran.

Le différend relatif au «gardien» et les risques énergétiques mondiaux

La tension a dégénéré en une guerre des mots concernant la légitimité du «gardien» de cette voie maritime. Le président américain Donald Trump a récemment affirmé que Washington assumerait ce rôle, revendiquant le droit de prélever une taxe de 20% sur la valeur des cargaisons, tout en promouvant une route maritime méridionale soutenue par les États-Unis, près d’Oman – une route que l’Iran rejette catégoriquement.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réagi en raillant la proposition américaine, suggérant que si les États-Unis reconnaissent la nécessité de ces taxes, l’Iran – en tant que «gardien de toujours» – proposerait une tarification plus «équitable». Pour ajouter à l'instabilité géopolitique, Téhéran a laissé entendre qu'il pourrait se coordonner avec les rebelles houthis au Yémen afin de fermer le détroit de Bab el-Mandeb, asphyxiant davantage les routes commerciales mondiales.

Escalade militaire et répercussions économiques

Cette initiative législative intervient dans un contexte de forte escalade militaire. Rien que la semaine dernière, les forces américaines ont mené des centaines de frappes aériennes sur 11 provinces iraniennes, ciblant massivement la ville portuaire de Bandar Abbas et les îles stratégiques proches du détroit. En représailles, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a ciblé des intérêts et des infrastructures logistiques militaires américains à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie.

L'impact se fait déjà sentir sur les marchés financiers. Le rial iranien a chuté à près de 1,85 million de dollars américains, approchant son plus bas historique. Parallèlement, la Bourse de Téhéran a enregistré des pertes importantes, effaçant les gains réalisés grâce à des accords précédents de courte durée. Malgré les efforts de médiation d'Oman, du Qatar et du Pakistan pour établir un cadre pour la liberté de navigation, le rétablissement par les États-Unis des blocus navals et la révocation des dérogations aux exportations de pétrole laissent penser qu'une résolution pacifique reste lointaine.

Source: www.aljazeera.com

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