Le réseau électrique syrien : une reprise fragile dans un contexte de crise économique
La Syrie connaît des améliorations dans la fourniture d'électricité par l'État suite aux changements politiques, mais les coûts élevés et l'instabilité économique continuent de poser des problèmes aux habitants.

La voie du redressement énergétique
La voie à suivre est pavée d'interventions internationales et de stratégies nationales. En juin 2025, la Banque mondiale a injecté 146 millions de dollars dans le secteur énergétique syrien pour moderniser les infrastructures. Parallèlement, le regroupement des régions productrices de pétrole du nord-est a permis au gouvernement d'augmenter la production de 10000 à près de 100000 barils par jour. Des accords énergétiques stratégiques avec l'Azerbaïdjan, la Jordanie et l'Égypte, ainsi qu'un pacte de plusieurs milliards de dollars avec des entreprises internationales, ont commencé à diversifier le bouquet énergétique du pays, le libérant ainsi d'une dépendance totale aux systèmes obsolètes.
Le coût humain du progrès
Malgré ces avancées techniques, la réalité du Syrien moyen demeure sombre. Avec près de 90 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté, le coût de la transition vers les énergies renouvelables – comme les systèmes de panneaux solaires résidentiels de plus en plus populaires – est prohibitif. « L’électricité est un rêve », a déclaré un commerçant local souhaitant garder l’anonymat. Ce constat illustre le décalage entre les succès politiques des grandes entreprises et les difficultés quotidiennes de la population. Les frictions bureaucratiques, les conflits de gestion internes au sein de la Compagnie pétrolière syrienne et les pénuries de carburant persistantes constituent toujours des obstacles majeurs. Si l’électricité est disponible plus longtemps, son coût reste un fardeau considérable pour un pays qui peine à reconstruire son économie dévastée.