L'Afrique du Sud déploie les forces de sécurité face à l'escalade des tensions liées à l'immigration.

Les autorités sud-africaines déploient des forces de police et militaires pour prévenir les violences anti-immigrés, tandis que des groupes d'autodéfense fixent au 30 juin la date limite pour le départ des ressortissants étrangers.

A
Staff Writer
Publié le 30/06/2026 12:54
L'Afrique du Sud déploie les forces de sécurité face à l'escalade des tensions liées à l'immigration.

Une nation en état d'alerte maximale

Les autorités sud-africaines ont mobilisé des unités de police et des moyens militaires dans les principales villes, dont Johannesburg et Durban, dans le cadre d'une vaste opération de sécurité visant à prévenir d'éventuels troubles civils. Ces déploiements font suite aux appels de groupes d'autodéfense, notamment «March and March», qui ont lancé un ultimatum aux ressortissants étrangers sans papiers, leur enjoignant de quitter le pays avant le 30 juin.

L'ombre des violences passées

La fermeté de la politique de sécurité du gouvernement est motivée par la crainte profonde de voir se répéter les violences xénophobes catastrophiques de 2008, qui ont fait au moins 62 morts et provoqué des pillages généralisés. Les autorités restent également conscientes de l'instabilité qui a marqué les événements de juillet 2021, lorsque le pays a connu ses troubles les plus graves depuis la fin de l'apartheid. Les commerces du quartier central des affaires de Johannesburg ont pris l'initiative de rester fermés mardi, craignant l'impact des manifestations annoncées.

Rhétorique des justiciers et conséquences concrètes

Bien que les représentants du mouvement «March and March» aient publiquement insisté sur le caractère pacifique de la manifestation, la situation sur le terrain est de plus en plus tendue. Depuis plusieurs semaines, des groupes d'hommes brandissant des bâtons et scandant «abahambe» – un terme appelant au départ des étrangers – ont été filmés en train de cibler des commerçants du secteur informel. Des informations en provenance du Mozambique indiquent qu'au moins cinq de leurs ressortissants ont été tués lors de ces incidents sporadiques et ciblés.

Boucs émissaires économiques et réponses régionales

L'Afrique du Sud, l'économie la plus industrialisée du continent, est actuellement confrontée à l'un des taux de chômage les plus élevés au monde. Dans ce contexte de pénurie économique, les résidents nés à l'étranger – qui ne représentent qu'environ 4% de la population – sont fréquemment désignés comme boucs émissaires des défaillances systémiques. Malgré le discours véhiculé par les groupes de protestation, les statistiques officielles de la criminalité ne confirment pas que les migrants soient responsables de la vague de criminalité qui frappe le pays. Néanmoins, cette crainte a suscité une réaction diplomatique: plusieurs pays, dont le Nigéria, le Ghana et le Malawi, ont lancé des opérations de rapatriement afin de protéger leurs citoyens avant l’échéance du 30juin.

Source: www.theguardian.com
Tags: #Migration #South Africa #xenophobia #protests #Cyril Ramaphosa #security

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