Impasse diplomatique : les États-Unis et l'Europe s'affrontent au sujet de la nomination du prochain haut représentant de la Bosnie-Herzégovine.

À Sarajevo, des diplomates américains et européens s'affrontent au sujet de la nomination du prochain Haut Représentant de la Bosnie, sur fond d'allégations de conflits d'intérêts et d'accords liés à des oléoducs.

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Staff Writer
Publié le 30/06/2026 11:57
Impasse diplomatique : les États-Unis et l'Europe s'affrontent au sujet de la nomination du prochain haut représentant de la Bosnie-Herzégovine.

Un bras de fer à Sarajevo

Les diplomates des principales puissances mondiales se réunissent ce mardi à Sarajevo pour une seconde tentative cruciale de résoudre le fossé grandissant entre les États-Unis et les nations européennes. Au cœur du différend se trouve la nomination du prochain Haut Représentant pour la Bosnie-Herzégovine, un rôle conférant des pouvoirs extraordinaires qui peuvent dicter la trajectoire législative et politique de cette nation des Balkans.

Cette tension constitue un test important de volonté politique, alors que l'administration Trump affirme une nouvelle politique étrangère axée sur les entreprises qui menace de déstabiliser le fragile équilibre d'après-guerre établi par les accords de Dayton de 1995.

La bataille des candidats: Landi contre Troccaz

Le conflit s'est concentré sur un contraste saisissant entre les candidats. Washington fait activement pression en faveur du diplomate italien Antonio Zanardi Landi, âgé de 76ans. Les critiques et les membres du Conseil de mise en œuvre de la paix (CMP) ont exprimé leur perplexité face à ce choix, soulignant que Landi possède une expérience minimale des dynamiques internes complexes de la Bosnie, malgré son précédent mandat diplomatique en Serbie. À l'inverse, Londres, Paris et Berlin se sont ralliés à René Troccaz, envoyé spécial de la France pour les Balkans. Les capitales européennes considèrent Troccaz comme un choix plus stable, craignant que Landi, soutenu par les États-Unis, ne soit un instrument au service d'intérêts privilégiant le profit commercial à la stabilité institutionnelle. La doctrine du «retour direct» et le gazoduc d'un milliard de dollars: les responsables européens soupçonnent que l'empressement soudain de Washington ne relève pas d'une expertise diplomatique, mais plutôt de la facilitation de l'«interconnexion sud», un projet de gazoduc d'une valeur d'un milliard de dollars. Le contrat a été provisoirement attribué à AAFS Infrastructure and Energy, une entreprise américaine ayant une expérience limitée dans le domaine des infrastructures, mais des liens personnels étroits avec Donald Trump. Cette manœuvre s'inscrit dans la doctrine de « retour direct » récemment dévoilée par l'administration Trump pour les Balkans. Cette politique marque un tournant, abandonnant la « construction institutionnelle ouverte » – l'objectif à long terme de favoriser la stabilité démocratique – au profit d'un modèle où la politique étrangère américaine est guidée par le profit financier des entreprises américaines. Jim O'Brien, ancien diplomate américain, avertit que ce changement reflète une tendance dangereuse : des personnalités politiquement influentes cherchent à tirer profit de l'affaiblissement des institutions internationales mêmes qui ont empêché une reprise de la guerre pendant trois décennies. L'héritage de Dayton s'érode. Le bureau du Haut Représentant a été créé pour superviser l'accord de paix de Dayton, qui a mis fin à une guerre brutale ayant coûté la vie à 100000 personnes. Bien que ce bureau ait eu du mal à parvenir à une intégration ethnique complète, il demeure un filet de sécurité essentiel. Le Haut Représentant actuel, Christian Schmidt, a récemment pris la décision courageuse d'annuler les actions séparatistes de Milorad Dodik, ce qui a conduit à la destitution du dirigeant serbe en septembre dernier. Cependant, l'administration Trump a depuis levé les sanctions imposées par l'administration Biden à Dodik et à ses associés. Ce revirement de soutien, conjugué aux visites de Donald Trump Jr. à Banja Luka, a ouvert la voie au projet d'oléoduc d'interconnexion sud, à condition que la question de la propriété des biens de l'État soit résolue – une tâche que beaucoup estiment que Landi serait chargé de régler par décret dès sa prise de fonctions. Un avenir incertain. Pour la majorité bosniaque, l'effondrement de l'unité occidentale est une source d'inquiétude. Alors que beaucoup s'impatientent face à la lenteur des réformes, ils considèrent une présence internationale unie comme le seul rempart contre une résurgence du conflit. Ćamil Duraković, vice-président de la Republika Srpska et survivant du génocide de Srebrenica, a exprimé sa profonde inquiétude quant à la tournure actuelle des événements. « Ils abandonnent tout, y compris les valeurs démocratiques, au nom des intérêts économiques », a déclaré Duraković. « Si les États-Unis ne renforcent pas les institutions démocratiques… alors nous sommes vraiment en danger. » Tandis que le comité directeur du PIC se réunit à Sarajevo, le monde observe si les États-Unis mettront à exécution leur menace de reconsidérer leur rôle en Bosnie si Landi n'est pas nommé, ou si un candidat de compromis pourra émerger pour sauver l'alliance.

Source: www.theguardian.com
Tags: #Bosnia and Herzegovina #US Foreign Policy #European Union #Trump Administration #Dayton Accords #Balkans Politics #International Diplomacy

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