Escalade dans le Golfe : les États-Unis lancent des frappes stratégiques pour affaiblir les capacités militaires iraniennes
Les États-Unis ont lancé de nouvelles frappes contre l'Iran afin d'affaiblir ses capacités militaires suite aux tensions dans le détroit d'Ormuz et à l'échec d'un accord de cessez-le-feu.

Face à une escalade significative des tensions régionales, les États-Unis ont lancé une nouvelle vague de frappes aériennes matinales ciblant des installations militaires iraniennes. Le Commandement central américain (CENTCOM), qui supervise les opérations militaires au Moyen-Orient, a confirmé que ces frappes visaient spécifiquement à «affaiblir» la capacité de l'Iran à perturber le trafic maritime commercial et à cibler les marins civils dans le détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique vitale.
L'opération a été autorisée par le président Donald Trump, qui a insisté sur la nécessité de demander des comptes aux forces iraniennes pour leurs récentes provocations. Selon les médias d'État iraniens, des explosions ont été ressenties dans plusieurs zones clés bordant le détroit, notamment à Sirik, Jask, sur l'île de Qeshm et dans les régions à l'ouest de Bandar Abbas. Bien que le gouvernorat de la province d'Hormozgan ait indiqué qu'aucune victime civile n'était à déplorer jusqu'à présent, ces frappes témoignent d'un durcissement de la position américaine dans le conflit.
Un cessez-le-feu fragile et la lutte pour le contrôle maritime
Ces attaques marquent une rupture critique du mémorandum d'entente (MOU) signé en juin, qui visait à mettre fin aux hostilités «immédiatement et définitivement». Ce mémorandum d'entente était censé ouvrir la voie à des négociations plus larges pour mettre fin à la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février. Cependant, l'accord s'est rapidement dégradé sur la question de la souveraineté et du contrôle du détroit d'Ormuz.
Le détroit d'Ormuz est l'une des voies maritimes les plus vitales au monde, par laquelle transite près de 20% de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel. Depuis le début du conflit en février, les prix mondiaux du carburant ont flambé, l'Iran ayant restreint le commerce et affirmé ses droits territoriaux sur cette voie maritime. Aux termes du protocole d'accord de juin, l'Iran s'est engagé à faire son « maximum » pour permettre la libre circulation des navires commerciaux pendant 60 jours. Malgré cela, l'Iran a continué de déployer des drones contre des porte-conteneurs et des pétroliers, prétendant que ces navires ignoraient les avertissements ou empruntaient des routes non autorisées. Guerre de représailles : cibles et ripostes. Les échanges militaires actuels ont débuté le 7 juillet et se sont transformés en une série de frappes réciproques. Dans la nuit de samedi à dimanche, le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir frappé environ 140 cibles militaires iraniennes, dont des sites dédiés à la production de missiles, aux opérations de drones, à la surveillance et aux infrastructures navales. Le CENTCOM a notamment cité l'attaque contre le navire chypriote M/V GFS Galaxy – qui aurait fait un disparu – comme principal facteur expliquant l'intensité des frappes récentes. En réponse, l'Iran a lancé des contre-attaques contre des installations militaires américaines dans toute la région, frappant des sites en Jordanie, à Bahreïn, au Koweït, au Qatar et à Oman. Impasse diplomatique et préoccupations humanitaires : les répercussions géopolitiques ont plongé la communauté internationale dans l'inquiétude. Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à la « plus grande retenue », mettant en garde contre toute nouvelle escalade susceptible de déclencher une guerre régionale à grande échelle. Selon les estimations de l'ONU, environ 6000 marins restent bloqués dans le détroit en raison du conflit en cours. Le président Trump a indiqué que le cessez-le-feu établi par le protocole d'accord était de facto «terminé», tout en affirmant que des pourparlers diplomatiques pourraient se poursuivre. Parallèlement, le ministère iranien des Affaires étrangères, par la voix de son porte-parole Esmaeil Baghaei, a exhorté les pays voisins à cesser de permettre aux États-Unis d'utiliser leur territoire comme «bases d'attaque», arguant que les ripostes de l'Iran constituent un exercice légitime de légitime défense au regard du droit international.