Crise au Congo : un centre de traitement d'Ebola paralysé par des grèves du personnel en pleine épidémie record

Le personnel d'un centre de traitement Ebola clé en République démocratique du Congo se met en grève pour protester contre le non-paiement de leurs salaires, alors que le virus se propage dans deux nouvelles provinces, au cœur de la pire épidémie d'Afrique.

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Staff Writer
Publié le 13/07/2026 19:47
Crise au Congo : un centre de traitement d'Ebola paralysé par des grèves du personnel en pleine épidémie record

Un système de santé au bord de l'effondrement

La République démocratique du Congo (RDC) est actuellement confrontée à une catastrophe sanitaire majeure, la plus grave épidémie d'Ebola de l'histoire africaine continuant de s'aggraver. La situation a atteint un point critique cette semaine lorsque le personnel essentiel de l'hôpital général de Rwampara, dans la province d'Ituri – épicentre de la crise – a entamé une grève massive. Ce mouvement a paralysé l'un des principaux centres de traitement de la région, laissant les patients vulnérables et le virus en danger de propagation.

La grève a été déclenchée par de graves retards de paiement des salaires, le personnel soignant affirmant ne pas avoir été payé depuis plusieurs mois. Parmi les grévistes figurent un large éventail de personnels de première ligne essentiels, notamment des épidémiologistes, des enquêteurs, des chauffeurs et des fossoyeurs. Bahati Claude, agent de santé du centre, a exprimé le désespoir du personnel, s'interrogeant sur la façon dont le gouvernement pouvait être incapable d'assurer les paiements pendant deux mois consécutifs alors que la crise s'intensifiait.

Expansion géographique rapide

Le moment choisi pour ce mouvement social est particulièrement malvenu. L'Institut national de santé publique de la RDC a récemment confirmé que le virus s'est propagé au-delà de ses foyers initiaux, touchant deux provinces supplémentaires du nord-est: Haut-Uele et Tshopo. Cette expansion signifie que cinq provinces sont désormais confrontées à des cas confirmés, signe d'une dangereuse accélération de la propagation du virus.

Selon les dernières données officielles, le bilan de l'épidémie s'élève à 1926 cas confirmés, dont 702 décès. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé un appel urgent à une réponse accélérée, appelant à une action coordonnée des partenaires locaux, nationaux et internationaux afin d’éviter un effondrement total des efforts de confinement. Des obstacles complexes au confinement. La crise sanitaire est aggravée par un contexte sécuritaire et social instable. Dans le nord de la RDC, des groupes rebelles paramilitaires continuent de se disputer le contrôle de territoires riches en minerais, entravant souvent la circulation des personnels de santé et de l’aide humanitaire. Cette insécurité rend presque impossible le maintien d’un réseau de surveillance et de vaccination efficace. Au-delà du conflit, les responsables de la santé luttent contre une vague de désinformation. Des pratiques funéraires culturelles profondément ancrées et une méfiance généralisée envers les autorités gouvernementales ont conduit à des tragédies. Dans certaines communautés, Ebola a été présenté à tort comme une forme de sorcellerie, ce qui a entraîné des attaques violentes contre les personnels de santé. Les familles, attachées aux rites traditionnels, ont souvent ignoré les protocoles sanitaires lors des enterrements traditionnels, provoquant involontairement de nouveaux foyers d'infection.

Conséquences économiques et risques mondiaux

Les Nations Unies ont averti que le coût humain se traduit par un effondrement économique dévastateur. L'épidémie a déjà plongé près d'un million de personnes dans l'extrême pauvreté, perturbant l'agriculture et le commerce. Le Comité international de secours (IRC) a également averti qu'avec l'accélération de la transmission au cœur de la RDC, le risque de propagation du virus au Soudan du Sud voisin devient une menace imminente.

La portée mondiale du virus a été mise en évidence lundi lorsqu'un deuxième citoyen américain – un homme d'une soixantaine d'années travaillant pour une organisation humanitaire chrétienne – a été admis dans une unité d'isolement spéciale de l'hôpital universitaire de Francfort, en Allemagne. Bien que son état soit actuellement stable, ce cas souligne les risques auxquels sont confrontés les travailleurs humanitaires internationaux opérant dans la région.

Réponse du gouvernement

Le ministre de la Santé de la RDC, Roger Kamba, a reconnu les problèmes de paie, citant des difficultés administratives et des erreurs dans les listes d'employés comme principale cause du retard de paiement. M. Kamba a assuré au public et aux travailleurs grévistes que le gouvernement dispose des moyens nécessaires pour résoudre le problème et s'efforce de garantir le paiement immédiat du personnel concerné. Cependant, pour les milliers de personnes exposées au virus, l'espoir est que ces obstacles administratifs soient levés avant que l'épidémie ne devienne incontrôlable.

Source: www.aljazeera.com

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